COURS DE PHOTOGRAPHIE A L'USAGE DES AMATEURS ET DES CLUBS

P H S N

PRATIQUE DU LABORATOIRE (2)

7.2  -  LE DEVELOPPEMENT DES FILMS

Le film à développer étant toujours sensible, nous allons devoir le placer dans une enceinte étanche à la lumière pour effectuer le traitement. Nous disposons pour cela de cuves de développement, dans lesquelles le film est immobilisé sur des spires, et fermées par un couvercle à chicanes permettant l'introduction et la vidange des différents bains.

Vous pouvez aussi voir sur cette page : Cuves de développement quelques modèles de cuves plus anciennes.

7.2.1 Mise en place du film dans la cuve

cuve spire

amorce Pour extraire le film du chargeur, si votre appareil  n'a pas réservé l'amorce au rembobinage, il existe deux méthodes : soit ouvrir le chargeur dans le noir avec un décapsuleur à bouteilles et sortir l'ensemble film + noyau central par le coté (attention : risque de rayer le film sur la tranche métallique du chargeur) ; soit extraire au jour l'amorce du film par la méthode douce grâce à un extracteur d'amorce (Ilford, rayon accessoires photo dans tous les bons magasins). Cette dernière méthode facilite la suppression de l'amorce du film et la coupe des angles, indispensable préliminaire à l'introduction correcte dans les spires de la cuve.

La cuve se compose  : d'un corps cylindrique en mat!ère plastique noire pouvant recevoir une ou plusieurs pellicules, d'un couvercle à chicanes étanche à la lumière et formant entonnoir pour introduire ou verser les différentes solutions du traitement, d'un second couvercle étanche aux liquides, d'un tube - axe central et de une ou plusieurs spires en plastique blanc pour maintenir les films.

La mise en place du film sur la spire se fait en chambre noire, et c'est d'ailleurs la seule opération du process qui puisse présenter quelque difficulté pour un débutant. Il est bon de s'entraîner en utilisant un morceau de film usagé, d'abord à la lumière et en regardant, puis en fermant les yeux. Lorsqu'on a bien repéré la disposition des spires et appris la façon de procéder, l'opération ne présente pas de difficultés à condition de procéder avec rigueur : disposer face à soi, sur la paillasse du laboratoire, les différents éléments de la cuve, corps, spires, tube central et couvercle, ainsi que les ciseaux et autres accessoires, et les films à développer, toujours dans la même position relative, de manière à les retrouver automatiquement dans le noir absolu. Ne touchez le film que sur la partie non exposée, 6 à 8 cm après l'amorce, ou bien par les tranches ; si vous n'êtes pas surs de vous, portez des gants fins en coton (points de vente d° ci-dessus). Procédez calmement, si vous sentez une difficulté ne forcez pas sur le film, mais retirez le et reprenez au début.

Donc après avoir dégagé du chargeur l'amorce du film, coupez la partie plus étroite entre les perforations comme indiqué sur le dessin ci-dessus. Tenez le film de la main droite et la spire de la main gauche en ayant tourné les deux demi-flasques pour que les débuts des spires soient en face l'un de l'autre, et engagez le début du film dans la spire sur quelques centimètres (jusqu'aux petites billes métalliques). Ensuite en tenant une demi-spire dans chaque main imprimez leur un mouvement de rotation alternatif, en veillant à ce que le film soit sorti du chargeur et pende librement devant la spire et dans le sens de l'enroulement. Ce mouvement de rotation va faire avancer le film jusqu'à ce qu'il soit engagé en totalité dans la spire. Le film pendant va sans doute tenter de se vriller et vous devrez le guider de temps en temps (ce qui peut se faire en l'écartant légèrement avec le petit doigt). Quand vous arrivez à l'extrémité coupez au raz du chargeur et donnez une ou deux rotations supplémentaires pour que le bout du film ne dépasse pas de la spire.

Placez la spire sur le tube d'axe, vous pouvez selon la capacité de la cuve placer plusieurs spires pour développer simultanément autant de films. Placez enfin le couvercle entonnoir et verouillez le en tournant jusqu'au blocage, et ne rallumez la lumière qu'après avoir bien vérifié que la cuve est parfaitement fermée.

L'opération est un peu plus délicate avec les films de moyen format (120 ou 620), mais se déroule exactement de la même manière. Il est souhaitable de couper très légèrement en chanfrein (sur un ou deux millimètres, pas plus !) les angles du début du film. Avec un peu d'habitude, on arrive même à placer bout à bout deux films 120 sur une même spire, en les collant avec la bande adhésive qui les maintient sur le papier protecteur.

7.2.2 Traitement chimique

La suite du processus va pouvoir se passer à la lumière. Rappelons en brièvement les cinq phases : REVELATEUR, BAIN D'ARRET, FIXAGE, RINÇAGE, SECHAGE.

• REVELATEUR - Le révélateur "réduit" les halogénures d'argent insolés et les transforme en argent. métal. Il doit agir durant un temps déterminé et inversement proportionnel à la température du bain - voir l'abaque ==>

abaque

Préparer la quantité de révélateur nécessaire en fonction du nombre de films. Mesurer les températures. Le traitement proprement dit va commencer :

Il est important d'agiter régulièrement mais sans excès, pour que du liquide neuf soit toujours en contact avec toute la surface de l'émulsion.

• BAIN D'ARRET - Le bain d'arrêt (solution à 2% d'acide acétique, ou de préparation du commerce) stoppe l'action du révélateur ; en neutralisant le pH (alcalin) de celui-ci il va préserver l'efficacité du bain de fixage (acide) utilisé à l'étape suivante.

Remplir la cuve avec le bain d'arrêt et agiter 30 secondes. Vider la cuve (la solution est récupérable et réutilisable jusqu'à épuisement de l'acide, soit 5 à 6 films de 36 poses).

• FIXAGE - Le fixateur est une solution d'hyposulfite ou de thiosulfate de sodium. Il va rendre solubles tous les halogénures d'argent qui n'ont pas été réduits par le révélateur.

Remplir la cuve de fixateur et agiter toutes les 30 secondes durant cinq minutes. Ouvrir la cuve et vérifier la transparence dans les marges du film. En cas de doute, recommencer le fixage. Vider la cuve et récupérer le bain (réutilisable jusqu'à épuisement).

• RINÇAGE - Au cours du rinçage, tous les halogénures restant dans l'émulsion vont être dissous. Il ne restera dans l'émulsion que l'argent métallique. L'argent est un métal très stable, donc la longévité de l'image est assurée si les halogénures sont parfaitement éliminés, ainsi que toutes les traces des substances chimiques utilisées au cours du traitement.

Rincer le film à l'eau courante pendant au moins 1/2 heure (ou par la méthode "ILFORD" que je décris plus loin), autant que possible à la même température que celle des bains précédents, de toute façon jamais inférieure à 15 degrés C. Terminer par un bain additionné de quelques gouttes d'agent mouillant.

• SECHAGE - Il peut être naturel ou accéléré dans une armoire ou boite de séchage. Mais attention aux poussières !

Extraire soigneusement le film des spires. Attention, la gélatine humide est très fragile. Le suspendre à l'abri de la poussière en lestant le bas avec une pince.

Après le  séchage complet, couper le film en bandes et le classer à l'abri des contacts accidentels, des poussières et de la lumière. N'utiliser que des classeurs en matériau "sans acide" (papier ou film transparent prévu spécifiquement pour cet usage) pour assurer la conservation de vos négatifs.

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