COURS DE PHOTOGRAPHIE A L'USAGE DES AMATEURS ET DES CLUBS

P H S N

PRATIQUE DU LABORATOIRE (1)

7 - BIEN DEVELOPPER VOS NEGATIFS

La condition essentielle de la réussite d'une photo est la qualité du négatif. Vous avez apporté beaucoup de soin à choisir votre sujet, à peaufiner votre cadrage, à régler votre mise au point et votre profondeur de champ. Vous avez précisément mesuré l'éclairement et calculé diaphragme et vitesse d'exposition … ou peut-être avez vous privé votre famille de l'essentiel pour vous offrir le merveilleux appareil qui fait tout tout seul. Avouez que ce serait trop bête de confier un si précieux ruban d'acétate et de gélatine à une quelconque machine de laboratoire du commerce, pour récupérer, au sortir d'un bain collectif de révélateur périmé, 36 images grisouillatres, granuleuses et de surcroît rayées par quelques grains de sable rapportés de la plage par le client précédent. Vous avez sans doute compris qu'à ce compte, il n'existe qu'une seule voie de salut : développer vous-mêmes.

Le développement des négatifs Noir & Blanc ne présente aucune difficulté particulière. La seule condition de la réussite est de procéder avec méthode, rigueur et soin. Les photographes confirmés useront de subtilités dans le choix des émulsions, de la chimie, ou bien de variations du couple température/temps de traitement, pour modifier le contraste en fonction des conditions de prise de vue. Mais pour le photographe débutant, nous allons expliquer d'abord les principes universels qui forment la base de cette technique, et qui vous permetront A COUP SUR d'obtenir une qualité minimum, c'est à dire mieux que dans les labos commerciaux. Ceci est d'autant plus vrai que le noir et blanc est une discipline qui s'efface petit à petit devant les progrès de la photo numérique et que les labos vont se faire de plus en plus rares.

Avant de décrire les opérations de développement proprement dites, nous insisterons sur la nécessité de toujours travailler avec une propreté extrême, de veiller scrupuleusement à ne jamais mélanger les différentes chimies (une seule goutte de fixateur dans un bain de révélateur risque de provoquer un voile sur l'émulsion).

N'oubliez pas que certains produits sont corrosifs, et peuvent tacher irrémédiablement vos vêtements. Gardez toujours les mains propres, et rincez soigneusement tout le matériel utilisé après chaque usage, y compris les entonnoirs, pinces et thermomètres. Avant de quitter le labo, n'oubliez pas de laver toutes les surfaces de travail, les bacs et de rincer soigneusement les éponges. Dans un labo personnel, c'est une garantie contre beaucoup d'incidents, et dans un labo collectif, c'est la politesse la plus élémentaire envers le prochain utilisateur.

D'autre part, il est essentiel de travailler avec méthode. J'entends par là que vous devrez adopter une fois pour toutes un mode opératoire et vous y tenir. Dans un photo-club, les différents animateurs ou anciens vous donneront des conseils en fonction de leurs habitudes personnelles. Si certains points de détail vous paraissent contradictoires; demandez des explications.

Lorsque vous aurez choisi, selon vos préférences, une façon de travailler, suivez là rigoureusement. N'essayez pas de variantes "pour voir ce que ça fait", mais seulement si vous recherchez sciemment une différence de résultat. Pour vos débuts, il est souhaitable de n'utiliser qu'une seule émulsion (variété de film), et qu'un seul traitement : toujours le même révélateur et toujours rigoureusement la même manière de l'utiliser.

Ces préliminaires étant posés, nous allons revenir brièvement sur le processus théorique du développement d'un film négatif Noir et Blanc, exposer la pratique de ce traitement, assortie de quelques conseils issus de notre (déjà longue) expérience. Lorsque vous serez familiarisés avec ces quelques recettes, ceux qui le souhaitent pourront approfondir leurs connaissances et étudier les détails du petit jeu de la lumière, des molécules de sels d'argent et des électrons baladeurs ; car si ces connaissances de physique et de chimie photographiques sont utiles pour parfaitement comprendre l'usage et les caractéristiques des différents films et préparations, elles ne sont nullement indispensables pour faire de bonnes photos.

7.1 LA THEORIE DU DEVELOPPEMENT

Au premier examen, l'image photographique apparaît comme un ensemble de valeurs allant du blanc pur au noir intense, en passant par une gamme plus ou moins étendue de nuances de gris. L'examen de cette image fortement grossie fait apparaître que ces différentes valeurs sont constituées par un semis plus ou moins dense de points noirs sur le fond transparent du film (ou sur le fond blanc du papier s'il s'agit d'un tirage). Chacun de ces grains noirs est un minuscule agglomérat - on dit un “ grain ” - d'argent métallique. Nous allons essayer d'en expliquer la formation.

Vous devez déjà savoir que lorsque vous sortez une pellicule nouvellement exposée de votre appareil, d'une part cette pellicule est toujours sensible à la lumière, d'autre part que les images qui y sont enregistrées ne sont pas “ visibles ”, c'est à dire n'apparaissent pas d'une façon appréciable à notre regard. On nomme cette trace invisible que la lumière a créé sur l'émulsion une image “ latente ”, ce qui signifie que cette image existe mais n'est pas apparente. Le but du développement est donc de transformer l'image latente en image réelle.

7.1.1 comment est constitué un film photographique.

Le film photographique est constitué d'un support transparent, généralement en polyester, recouvert d'une émulsion de gélatine et de cristaux de sels d'argent (halogénures d'argent) instables à la lumière. Généralement une ou plusieurs autres couches de composants viennent perfectionner ce système (vernis protecteur, couches anti-halo et anti-curling…).

Voir la figure  >> Coupe schématique d'un film photographique 

7.1.2 - De l'image latente à l'image réelle.

Lorsque la lumière frappe la surface sensible, quelques molécules d'halogénure d'argent vont subir une transformation et libérer des ions d'argent métallique. La quantité d'énergie mise en jeu est extrêmement faible, il n'y a que très peu d'atomes d'Ag ainsi créés, ce qui explique que l'image reste latente ; cette quantité est évidemment proportionnelle à la quantité de lumière reçue.

La première phase du développement va agir comme un amplificateur, en provoquant la formation autour de chaque atome (germe) d'Ag de petits agglomérats, les grains, dont la plus ou moins grande densité donnera les valeurs de gris de notre image.

La fin du traitement désensibilisera les substances encore actives de l'émulsion pour assurer sa conservation et permettre une exposition normale de l'image à la lumière.

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