COURS DE PHOTOGRAPHIE A L'USAGE DES AMATEURS ET DES CLUBS

P H S N

PETITE HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE

UN PEU D'HISTOIRE

Depuis quelques milliers d'années, et pour des raisons très diverses, nos ancêtres ont cherché à reproduire par des images le monde qui les entourait. Les premières techniques employées - dessin et peinture, modelage ou sculpture - sont encore utilisées avec peu de différences par rapport aux plus anciens exemples connus. C'est que la copie du monde réel passe toujours par une interprétation personnelle de la chose vue par l'artiste. Et si certaines cultures se satisfont d'une interprétation sommaire ou symbolique, il est advenu, dans le monde occidental, une certaine exigence de représentation plus fidèle du réel, ceci notamment à l'époque de la Renaissance.

perspective C'est à ce moment que les peintres italiens commencent à découvrir les lois de la perspective.

Et c'est pour simplifier le tracé de leurs paysages que ces mêmes peintres utilisent deux appareils optiques qui permettent de projeter sur une surface une image d'un paysage ou d'un objet : la chambre claire et la chambre noire (ou camera oscura, chambre obscure).

Cette dernière était déjà connue par Aristote (384-322 av. JC), par le savant arabe Al Hazen (965-1038) et par Léonard de Vinci (1452-1519) ; on peut la considérer comme l'ancêtre des appareils photographiques. Elle est constituée par une boite fermée, étanche à la lumière, dont une des faces est percée d'un tout petit trou, le STENOPÉ. Une image inversée d'un objet éclairé placé à l'extérieur devant le trou se forme sur la paroi opposée.

Camera oscura Elle fut employée par de nombreux artistes, dont Giovanni Baptista della Porta, Vermeer, Guardi et Antonio Canal, dit Canaletto, qui l'utilisa notamment pour mettre en perspective ses célèbres paysages des canaux de VENISE.

Une lentille de verre améliore les performances du sténopé en admettant davantage de lumière.

Le principe physique étant posé, il restait une étape importante à franchir : comment faire en sorte que la vision fugitive créée par la lumière dans un dispositif optique se transforme en une image véritable et durable.  Autrement dit comment supprimer le travail du dessinateur ou du peintre, avec tout ce qu'il suppose d'interprétation personnelle, d'erreurs et d'imprécisions, et faire exécuter ce travail automatiquement par la lumière elle-même.

La découverte de l'action des rayons lumineux sur une surface sensible est attribuée aux alchimistes du Moyen-Age, et fut suivie durant les XVII et XVIIIèmes siècles par diverses recherches (Schulze, Beccaria, Wegwood).

C'est au début du XIXème siècle que Joseph Nicéphore NIEPCE (1765-1833) va réussir à obtenir et conserver une image due à l'action de la lumière. Dès 1812, il parvint à obtenir en lithographie des négatifs (grâce au chlorure d'argent) et des positifs (avec du bitume de Judée). La première photographie connue date de 1826 ou 27, et représente la propriété de Nièpce à Saint-Loup de Varennes (Saône-et-Loire).
Louis Jacques Mandé DAGUERRE (1799-1851) s'associe à lui en 1829, pour fixer les images de la chambre noire. NIEPCE meurt en 1833, inconnu et presque ruiné. Mais DAGUERRE poursuit l'exploitation de son invention. Quelques mois après la mort de NIEPCE il parvient à obtenir une image positive stable. ARAGO présente la découverte à l'Académie des Sciences (1839), et DAGUERRE la commercialise sous le nom de «DAGUERREOTYPE».

William Henry Fox TALBOT (1800-1877) mène en Grande-Bretagne des recherches parallèles à celles de NIEPCE et DAGUERRE à partir de 1833. En 1840, il invente la « calotypie », procédé négatif-positif qui permet la diffusion multiple des images. Suivent d'autres recherches, qui petit à petit permettent d'améliorer la qualité des images, la sensibilité des surfaces à la lumière, et de simplifier la procédure de prise de vue : 1847 « procédé à l'albumine » (Abel NIEPCE DE SAINT-VICTOR, cousin de Nicéphore), 1850 « procédé au collodion humide » et 1851 « ambrotypie » (Frederick SCOTT ARCHER), 1852 « ferrotypie » (Adolphe-Alexandre MARTIN).

Une étape importante fut ensuite le premier procédé véritablement pratique de photographie en couleurs, l'« autochrome », inventé par les Frères Lumière en 1903 et commercialisé à partir de 1907.

Les premiers clichés (Noir et Blanc ou autochromes) étaient réalisés sur des plaques de verre, relativement encombrantes, lourdes et fragiles. En 1884, George Eastman met au point les surfaces sensibles souples, et le film en celluloïd, permettant de stocker plusieurs images dans le magasin de l'appareil photographique, supplante la plaque de verre. La diminution de la taille des appareils facilite la pratique de la prise de vues en (presque) tous lieux et toutes circonstances.

Vers 1948, le docteur Edwin LAND met au point le premier appareil à développement instantané, le POLAROID, et en 1962 il adapte ce procédé à la couleur.

Tous les procédés photographiques actuels « par image argentique » ne sont que des perfectionnements de ces inventions, soit du matériel de prises de vues, soit des surfaces sensibles.

Enfin, en remplaçant l'émulsion sensible chimique par un « capteur » qui transforme l'énergie lumineuse en signaux électriques, la photographie entre dans l'ère de l'image numérique.


Pour en savoir plus (liste non exhaustive) :

à lire :
Histoire illustrée des appareils photographiques - Michel AUER, collection EDITA / DENOEL

à visiter :
Le Musée de la Photographie à CHALONS SUR SAÔNE, pays natal de NIEPCE,
Le Musée de BIEVRES, collection d’appareils photographiques

Sur Internet :
Le site d'un collectionneur d'appareils photo anciens.
Mes "pages collection" sur ce site.

N T N
Dernière mise à jour du cours :
Valid CSS Valid XHTML 1.0 Strict