Dernière page visitéePRATIQUE DU LABORATOIRE

Trois méthodes pour développer vos plan-films

Nous ne détaillerons ici que le développement des films en Noir & Blanc, ces principes généraux étant évidemment applicables au traitement des films couleur avec les chimies appropriées.

Le lecteur est supposé maîtriser le développement du film petit ou moyen format. Pour les néophytes;, les principes généraux du développement des films sont exposés ici : Cours de photo, pratique du laboratoire.

Les différents formats de plan-films

Les plan-films se trouvent dans les formats suivants (les plus courants en gras):

Ils sont en général plus épais que les pellicules en rouleau, donc un peu plus rigides.

Leur format ne permet pas de les placer sur les spires utilisées pour le développement des films en bande, nous allons voir différentes méthodes pratiques utilisables par un photographe amateur. Pour débuter, je recommande de ne développer qu'un ou deux plan-films à la fois, ensuite chaque opérateur pourra, selon son expérience, en augmenter le nombre.

Développement en cuvettes

La première méthode consite à développer dans des cuvettes, comme les épreuves sur papier tirées par contact ou agrandissement. Pour le traitement des films panchromatiques on devra travailler dans le noir abssolu ; les films orthochromatiques peuvent être traités en lumière inactinique, se référer aux notices d'utilisation ou documentations des fabricants.
On veillera particulièrement à ne pas rayer ou abimer la gélatine qui, mouillée, est très fragile. Dans l'obscurité il est impossible de manipuler les plan-films avec des pinces, on devra donc utiliser des gants de latex.

Dans la zone sèche du laboratoire, je commence par sortir tous mes plan-films à traiter hors des châssis. Si leur nombre ne me permet pas de le traiter tous à la fois (je me limite à 6 au maximum) je stocke ceux en excédent à l'abri de la lumière.

Le process est le même que pour le film en rouleau : prémouillage en eau claire, révélateur (classique, stand dev. ou 2 bains), bain d'arrêt, fixage, lavage, séchage.
Personnellement, j'utilise un jeu de cuvettes de taille un peu plus grandes que le format des films, 13x18 pour du 9x12cm ou 4x5", 18x24 pour du 13x18, 24x30 pour du 18x24, emplies d'environ 3cm de solution.

J'introduis les plan-films un à un dans la première cuvette (pré-mouillage), face gélatine en dessous, puis je les transfère un à un dans le révélateur. Quand le dernier est immergé je déclenche l'horloge compte-pose et je commence l'agitation : en glissant mes doigts sous la pile de plan-films je retire celui du dessous, je le passe sur le dessus de la pile. Il est important de ne pas changer leur ordre pour que la durée de traitement soit uniforme. Je renouvelle cette permutation des plan-films pendant toute la durée du traitement dans le révélateur. En prenant le plan-film du dessous, face émulsion en dessous, pour le poser sur le plan-film du haut, je ne risque pas de rayer la gélatine avec un angle du film.
De la même façon, je transfère mes plan-films dans le bain d'arrêt, puis dans le bain de fixage. Après quelques secondes de fixage je peux éclairer le laboratoire, je poursuis le fixage pendant la durée nécessaire (double du temps de disparition des traces laiteuses), puis je lave en eau claire renouvelée, au moins 6 fois 3 minutes, pour finir dans un bain d'eau déminéralisée additionnée de quelques gouttes d'agent mouillant. Pour le séchage je suspend mes plan-films par un coin, avec de petites pinces métalliques placées dans la marge non exposée. Il existe des pinces spéciales très pratiques qui ne laissent comme trace qu'une infime perforation dans la marge.

Inconvéniennt de cette méthode : si l'on ne pratique pas une agitation continue, il y a un risque de zones sous développées lorsque les plan-films sont en contact. La durée de développement en agitation continue peut être abrégée de 10% environ.

Cuve Kodak

Développement en cuves Kodak™

Cliquez sur les images pour agrandir

Ces cuves Kodak peuvent recevoir des cadres en inox destinés à l'origine au développement des plaques en verre, mais qui conviennent parfaitement pour les plan-films.

La barette supérieure des cadres s'appuie sur les épaulements de la cuve, ou, pour les petits cadres sur une entretoise, afin que les cadres ne tombent pas au fond de la cuve.

La contenance de la cuve est de 5 litres environ. Un couvercle flotteur (au premier plan sur la photo) est placé sur le liquide en dehors des périodes d'utilisation, il empêche tout contact de l'air avec la chimie et assure une parfaite conservation de celle ci. Le grand couvercle s'emboite sur la cuve, il permet d'allumer l'éclairage du labo pendant les phases du traitement qui ne nécessitent pas d'intervention.

Pour agiter les films il suffit de les monter et descendre dans le liquide (à l'obscurité évidemment !)

Un bouchon à vis en bas de la cuve permet le vidage, si l'on ne souhaite pas soulever l'objet.

Les cadres inox existent pour les différents formats de plan-films, certains permettent de placer deux plan-films 4x5" cote à cote. Sur le modèle présenté une encoche dans la barette supérieure forme crochet, permettant de suspendre le cadre pour le séchage du film.

Mod 54 Mod 54

Développement des plan-films 4x5" en cuve pour film en bande avec le Mod54™

Ce dispositif qui vient à la place des spires traditionnelles permet de développer ensemble 6 plan-films 4x5".

Le module s'utilise dans une cuve Paterson™ System 4 pour 3 spires, il doit être emmanché sur l'axe noir à la place des spires. Il faut que la face émulsion des plan-films soit vers l'intérieur, sinon les griffes de maintien risquent de provoquer des rayures sur le bord des images.
Inconvénient du MOD54 : l'agitation ne doit pas être trop brutale, risque de décrochage des plan-films. Mais j'ai bien dit brutale, on peut quand même retourner la cuve sans crainte ! Et le système n'admet que le seul format 4x5" ...

D'autres procédés peuvent être utilisés, notamment pour les personnes équipées pour le traitement en processeur.

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